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Laissez-moi vous conter mon histoire, mon Prince, ainsi vous me connaitrez mieux et pourrez me faire confiance plus qu'à quiconque. Vous m'avez choisie comme conseiller, mais laissez moi me présenter à vous.

Je suis le fruit des amours...

L'Homme est un fruit, un fruit absolument divin et délicieux. Moi même je fut le fruit des amours, ceux d'une fille de Paris, d'une fille de l'amour. L'homme, jamais je ne saurais son nom, après tout cela ne m'importe que peu. La fille ne voulait pas de moi, elle était jeune. Elle me mit pourtant au monde dans une sombre ruelle de Paris, ruelle où par nostalgie et amusement certe malsain je me rend parfois. Elle m'emporta dans ses bras ensanglantés jusqu'à une petite église, aux pieds de laquelle elle me déposa sans regret.

Les vieilles nonnes de l'établissement religieux me recueillirent malgré elles et je fus élevée, logée, nourrie au pain, à l'eau et aux prières durant 25 longues années. J'y appris la solitude, la souffrance, la faim... tout ce qu'engendrait la croyance que l'on m'imposait. Bien souvent elles m'enfermaient des jours durant avec pour seule nourriture la bible, et les quelsques rats qui vivaient dans la vieille cave de l'église. Je ne sortait que rarement et mes sorties se limitaient à suivre les vieilles dans les rues sombres, pour soigner les malades et les pauvres, les achever parfois quand leur cas était désespéré et que Dieu le voulait.

Ce fut durant une de ces sorties tardives que je remarquai que l'on nous suivait. Ce soir là, la silhouette encapuchonnée attendit que nous soyons les trois vieilles et moi entrées dans l'hôpital, où les morts et les malades étaient allongés les uns a côté des autres sur des matelas de fortune, attendant nos « soins » et nos prières. Elle s'était assise dans un coin et nous observait patiemment. Elle continuait son manège nuits après nuits, cela pendant 1 année entière. Ses apparitions me fascinaient, et au bout de quelques mois elle enleva sa capuche, me dévoilant ainsi son joli visage aux traits si nobles et fins. Elle s'approchait chaque fois un peu plus de nous... mais les nonnes ne semblaient pas y préter une grande attention.

Jusqu'à cette nuit qui fut fatale aux deux veilles qui m'accompagnaient. Cette nuit là je ne l'avais pas vue et l'inquiétude pouvait se lire sur mon visage comme dans mes gestes maladroits qui coutèrent la vie à un mendiant que la peste avait touché. J'entendait alors une voix dans ma tête, très douce, qui m'ordonnait de me calmer, et d'attendre. Nos retrouvailles seraient proches. Lorsque je sortais de l'hôpital , les vieilles étaient à terre, mortes et entassées l'une sur l'autre. Face à moi, Elle otât sa capuche, puis son manteau qui dévoila une robe comme jamais je n'en avais vu, somptueuse. C'est sur mes épaules qu'elle posa son manteau, je n'avais pas remarqué jusqu'alors la neige qui tombait, absorbée par la contemplation de sa beauté et de son sourire. Je fut prise d'un grand frisson, le froid s'empara de moi.

 

Annabelle, c'était son nom, m'enseigna durant cinq années la vie des dames de la cour, plus particulièrement la « vie nocturne » qu'elle menait et me promit qu'un jour elle ferait de moi son infante. Elle m'apprit ce qu'était la condition de Vampire, les règles de la cour du Prince à Paris, elle me fut bien utile en m'apprenant à y survivre.

Elle ne m'apprit pas que cela, mon Prince, elle m'enseigna la luxure, les délices du sexe et du sang ... Elle m'appit a prendre l'apparence d'un homme pour m'éviter certains ennuis dans la rue parmis mes semblables.

Ces études furent passionnantes, Annabelle était une Toréador très intéressante ! mais la Cour me fit apercevoir quelque chose de bien plus intéressant... C'est ainsi que je fus prise d'une passion pour les intrigues, les manigances, les chuchotements de la Cour... Annabelle tardait à me faire Vampire, et je ne pouvait supporter la situation un instant de plus. L'année de mes 24 ans, je pris une décision. Je décidais de faire partie de la cour d'une autre façon. Je serais bien plus qu'une simple fille facile et riche. Les coucheries avec les princes , comtes, ducs et dames de la Cour me serviraient à autre chose... je voulais devenir le meilleur conseiller du Prince. Par tout les moyens.

Cependant, je n'avais nul désir de faire souffrir ma maitresse de cette décision, qu'elle prendrait sans aucun doute pour une trahison de ma part. Je me gardais bien de garder mes intentions dans mon crâne à l'abrit des regards et restait la plus discrète possible à ce sujet. Jusqu'à un jour où je me glissais jusqu'à son lit et l'achevais froidement.

Un autre Vampire, un homme cette fois, me prit alors sous son aile. Il était le conseiller d'un Prince de l'époque, dans une contrée non loin de Paris. Il m'apprit enfin ce que je brulais de savoir et qu'Annabelle ne pouvait m'apprendre, et fit de moi le Vampire que vous voyez aujourd'hui. C'était un Malkavien. Nicolas. Il fut le seul à voir ma folie, ma capacité à savoir ce que d'autres ne savent pas, cette chose qui me rongeait depuis si longtemps et qu'Annabelle n'avait su voir, la pauvre chérie ! Il m'enseigna l'art de voir, ainsi que celui de « faire voir ». Je ne m'étendrai pas là dessus, certaines choses doivent être conservées secrètes parfois.

Je sais aujourd'hui ce que je dois savoir, et parfois bien plus que cela. Je suis celui qui sait, ou celle qui sait, je ne sait plus très bien parfois... Mais j'ai appris à être de bon conseil, mon Prince... et la Cour n'a plus de secrets pour moi. Une chose pourtant me manque : je ne sais pas me battre. J'apprendrai.

Cette première mission que vous m'avez confiée, en Bretagne, j'irais pour vous, et j'userais de tous mes dons pour parvenir à mes fins. Ou mes faims. J'userai et abuserai de tout ce, ou ceux, qui pourront me servir. Tout cela uniquement dans l'optique de vous être agréable, mon Prince, et de vous prouver que vous pourrez me faire confiance, que je serais le meilleur conseiller que vous ayez eu. A bientôt.

 

Ces bottes vous vont à ravir.

 
 

Cette scène se passe dans la cale du bateau, sur le chemin du retour.

Biran, Jamal et El'Yah sont assis et attendent. Emmanuelle est assise dans un coin, recroquevillée, les bras serrés autour de ses jambes. Une fois ses gants otés, le sang coule librement de ses paumes et tâ-che ses vêtements. Son visage est enfoui entre ses genoux, caché par ses cheveux blonds et fins. Elle laisse par moment deviner quelques sanglots angoissés. Autour d'elle, des rats morts sur le sol de la cale. Quelques sanglots encore. Enfin elle relève la tête, ses yeux clairement rougis par les larmes. Après s'être essuyé le visage du dos de ses mains, elle remet doucement ses gants noirs.

Emmanuelle, le regard fixé en face d'elle, change brutalement d'expression. Des sanglots de la petite fille, elle passe au regard dur de l'adulte.

Un sourire amusé.

« Non, ce n'est pas le bateau. »

Elle ferme les yeux.

« Ce n'est pas la mer qui me rend ainsi. »

Inquiète.

« Triste ? Non, je ne suis pas triste. Mes larmes ? quelques souvenirs des plus affreux... C'est amusant quand j'y repense... Elle me disait toujours que je pleurait comme une enfant. Ca l'agaçait terriblement. Et lui, à l'inverrse, il me demandait de ne pas retenir mes larmes ! Il me les... Qui ? Oh, je te parle là de celle qui à faillit à devenir mon Sire. Et de celui qui y parvint. »

...

« Parce qu'elle est morte avant de m'éveiller, bêtement. Anna était pourtant quelqu'un de passsionnant ! Tout du moins au début... Ce fut elle qui fit mon éducation »

...

« Oui, j'étais encore mortelle. Mais je n'avais connu que le couvent »

...

« Exact. Annabelle était un vampire. Elle vivait à la cour de Paris. Les beautés et les richesses de ce monde la fascinait littéralement. J'exécutait pour elle quelques « tâches » particulières, en échange de quoi elle m'enseigna certains arts et promit de faire de moi son égale. Tout ce que je savais faire à l'époque, c'était prodiguer quelques soins maladroits aux pauvres de Paris. »

Un coup d'oeil à Jamal.

« Vous soignez mille fois mieux que moi, compagnon. J'ai déja à ce propos quelques dettes envers vous que je ne manquerais pas d'oublier. »

Emmanuelle regarde El'Yah.

« Et vous, vous nous avez démontré récemment que vous possediez un don tout particulier pour faire souffrir. Ne prenez pas cet air si fier, il ne convient pas à votre joli visage, demoiselle. Nous possédons tous ici ce genre de don, ne vous méprenez pas. »

...

« Vous avez raison, vous êtes le seul ici à n'avoir encor pu prouver sa valeur. »

...

« Annabelle. Elle s'appelait Annabelle. Chère Anna... Pour elle, seule la beauté avait de la valeur, elle aimait bijoux, tableaux et objets de valeur, elle appréciait les beaux vêtements autant que les belles personnes. Elle m'a enseigné l'art du vol comme celui de la s... »

Elle se tourne face à Biran.

« Je vous étonne? Je le faisais parce que les conditions dans lesquelles je pratiquais cet arts étaient particulièrement amusantes et excitantes à mes yeux. Mais je me suis trop vite lassée et Anna... elle aurait du s'en rendre compte plur tôt, beaucoup plus tôt. Pauvre fille. Elle a été brulée sauvagement. En pleine journée, dans sa petite chambre sans fenêtre.»

Elle se retourne soudain, en Colère.

«  Non, je ne la regrette pas ! Jamais. Je pense aujourd'hui que ses beaux yeux méritaient leur sort. Elle comprenait mal ce dont j'avais envie, et tardait à faire de moi un vampire comme elle. Lire dans mes pensées lui aurait été fort utile et lui aurait peut-être sauvé la vie. Même si j'en doute fortement.»

...

« Tout à fait »

Elle sourit.

« Nicolas. Mon Sire. Un grand homme, si je puis dire... Il à fait de moi ce que je suis aujourd'hui. Il à fait de moi ce que j'ai toujours rêvé d'être. Il savait où était ma véritable Nature, ma véritable place. C'est sous son conseil que le Prince m'a prise comme premier conseiller. Je crois qu'il avait... Mais assez parlé de moi. Racontez moi tout, nous ne vous connaissons pas encore très bien. »

Emmanuelle s'asseoit alors dans un coin de la cale, près d'El'Yah .

« Vous aussi, demoiselle, vous pourrez peut-être nous raconter votre vie une de ces nuits. La mer vous inspirera surement vous aussi quelque récit poétique... »

 
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