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Mon voyage en Europe, ma quête, devait être simple, ma mission facile à remplir...

Ce ne fut pas le cas.

Je me dois tout d'abord de vous conter mon histoire, celle qui me mena à Lyon, et au comte de Champrofond.

Mortelle, je fus repérée par un vampire Laïbon qui effectuait des recherches sur les Caïnites d'Europe. Je conservais en effet tout ce qu'il était possible de conserver sur le monde extérieur à nos tribus. Ce Laïbon était une femme, une très jolie femme, et se nommait Ermendarda. Elle trouvait qu'il pouvait être intéressant pour sa tribu d'avoir un Laïbon pouvant effectuer des Recherches sur ces Sauvages européens. Elle m'emmena dans son Château et m'enseigna les quelques notions de combat qui me manquait, ainsi que tout ce qui se disait sur la race à laquelle elle appartenait.

Un soir, lorsque Elle me décida prête, elle m'étreignit.

Puis vint le temps du voyage initiatique. Il me fallait libérer ma bête durant une nuit, afin de mieux la connaître, puis on me recouvrirait du sang d'un être bestial, Lupin ou Caïnite. Je me devais de savoir reconnaître ces créatures. Il me fallait enfin partir loin de nos terres et me mettre au service d'un prince un siècle durant. Cependant, Ermendarda  se refusait à laisser partir son meilleur infant.

Pendant ce temps en France, un seigneur s'était renseigné sur les Artefacts Sacrés de Lilith et appris que pour éviter une domination Baali, il devrait en réunir 20. Il avait également appris que l'un des artefacts se trouvait en Afrique, et que celui qui en avait la garde était une femme, un Laïbon puissant du nom d'Ermendarda. Il la contacta et celle-ci accepta de lui faire parvenir l'artefact, qui se trouvait être une amulette en terre cuite. Ermendarda m'appris que par le passé elle avait connu des Baalis. Elle avait vite comprit qu'il fallait à tout pris tous les massacrer. Elle me transmit ainsi la haine de ce clan infâme.

Ne pouvant partir de son domaine elle se résigna a m'envoyer. Ainsi débuta mon voyage, mon initiation. Après avoir apporté l'amulette au prince de Paris, grande ville de France, je devais passer un siècle à ses cotés.

J'arrivais près de Lyon, quand le soleil se levait. Il me fallut trouver rapidement un refuge, et bien que l'endroit ne me paraissait guère accueillant, je fus contrainte de me contenter d'une cabane en bois au cœur de la forêt. Mes impressions avaient été justes, jamais je n'aurais du rester dans cette forêt qui regorgeait d'esprits mauvais...C'est en me réveillant que je m'aperçus que mon sac avait disparu... avec l'amulette. Une odeur de fauve, de bête sauvage emplissait la petite cabane, imprégnant les murs et le sol de son écœurante âpreté. Jamais je ne paniquais, mais à cet instant précis je ne pouvais retenir le désespoir et la peur. Trouver de l'aide. Au plus vite ! L'aide me vint d'un seigneur proche. Je me rendis au château St Jean, où Champrofond m'accueilli généreusement et sans me poser plus de questions. Après lui avoir pourtant conté mon histoire et ma peur de perdre la si précieuse amulette, il me proposa immédiatement son aide. La nuit suivante, j'appris qu'il avait appelé à mon secours trois vampires qu'il comptait prendre à son service. Lorsqu'ils arrivèrent, avec le cheval qu'il leur avait offert, il nous présenta les uns aux autres, et je fus frappée par la différence de caractère qui les séparait tous trois. Chasseur, guerrier et assassin...ma mission me semblait un peu plus difficile désormais. Je me sentais plus proche de l'un d'eux, de part ma nature, mais il me semblait que les deux autres ne nous serviraient à rien dans cette quête. Nous décidâmes tout de même de partir au plus vite, cela était plus sage. Je les menais à la cabane, ou j'avais passé la journée. L'odeur sauvage était restée, on la sentait en approchant...

A peine rentré, l'un de mes compagnons ressorti, face à un être que je ne connaissais pas. J'appris son nom grâce au cri des deux autres, qui étaient restés à l'extérieur. Un Lupin ! Après un court combat, le fameux Lupin finit pieds et poings liés, à notre merci... Malgré ma rage, je dus laisser mes compagnons se renseigner auprès de la créature. Celle-ci leur apprit de quelle race était mon voleur d'amulette sacrée ... encore un Lupin. Celui que nous cherchions avait une trace blanche sur le dos. Après cet aveu, j'achevai le Lupin en lui enfonçant lentement mon épée dans le crâne. Ce que j'aimais la sensation que ce genre de meurtre me procurait...Pendant que nous remontions à cheval, le dénommé Ben Jafar remarqua des traces au sol qui se dirigeaient vers le Nord. Ingvar revint, et j'appris qu'il avait parlé avec un Lupin, qu'il semblait apprécier et qu'il nous affirma être un contact sûr. Il nous apprit ainsi que le Lupin était accompagné, et cela par un Vampire, un Baali. Nous partîmes vers le Nord, et arrivâmes devant un village du nom de Lippo. Sur l'écriteau où l'on trouvait ce nom, étaient gravés trois traits verticaux. Malheureusement aucun de nous ne savait ce qu'ils signifiaient. La taverne étant proche, le seigneur Acelas et moi décidions d'y entrer. Ah ! J'avais oublié que la couleur de ma peau était aux yeux de ces gens un signe d'esclavage ! Partout où j'irais dans ce pays, chacun me verrait comme une esclave, cela pourrait me permettre de passer un peu plus inaperçue dans ce monde... Cependant je dois ajouter que ce statut ne me plaisait pas pour autant. Ainsi lorsque le patron de l'auberge vint à notre rencontre et m'installa à la même table qu'Acelas et lui, je lui en fus reconnaissante. Mon ami -puisqu'il devait en être ainsi-, se renseigna sur le Baali que nous recherchions. Léopold, le patron, ne fut pas étonné de la demande d'Acelas. Il nous expliqua qu'il avait autant en horreur les Baalis que les Lupins. Il nous proposa alors un marché. Si Acelas lui apportait par la suite le Baali en question ou une preuve de sa mort, il obtiendrait de lui une aide en récompense. Les Vampires du coin me paraissaient bien trop accueillants... Je me décidais à ne faire confiance à personne pour le moment.

Durant ce temps, Ingvar surveillait nos chevaux. Il ne semblait pas porter les mortels dans son cœur...

L'Assamite, de son coté, était parti vers la forge, après nous avoir observés de la fenêtre de la taverne. Malgré le soin qu'il apporta à être discret, il fut rapidement repéré par un Tzimisce du nom de Roland. Celui-ci, avec Léopold et un troisième Vampire, dirigeait Lippo. Il apprit à notre compagnon que le Lupin et le Vampire que nous poursuivions avaient fait un court passage dans leur ville. Ils avaient été chassés vers le nord. Durant la lutte, leur « ami » Diégo avait été blessé.

Après avoir, chacun de notre coté, rassemblé ces informations, nous décidions de chercher un endroit sur pour y passer notre Nuit. Une cabane de chasseur un peu plus au nord nous sembla appropriée. Le soleil ne nous laissait de toute évidence pas le choix... Ingvar, peut-être dans le but de boucher quelques fissures, posa sur la porte des peaux de bêtes, et alla s'enterrer un peu plus loin. Durant la journée, nous fûmes dérangés dans notre sommeil par cinq chasseurs qui semblaient en vouloir à notre bourse. Me réveiller à ces heures fut une très mauvaise idée. Je décidais d'aider Ben Jafar à laisser sortir sa Bête. -Mon geste sembla ne pas être apprécié de mes compagnons. Ils apprendront –Cela nous aida cependant à vaincre les intrus. Au bout de quelques minutes, quatre d'entre eux étaient morts. Le blessé restant se prénommait Michel et semblait plaire à Julio. Celui-ci se prit d'un grand intérêt pour l'humain, et lui soigna ses blessures avant qu'elles ne deviennent mortelles. On m'apprit qu Michel était devenu une Goule. Julio risqua ensuite sa propre vie en essayant de refermer la porte de la cabane malgré les rayons du soleil, pendant que Ben Jafar se remettait doucement de ses émotions.

Sur la route qui nous mena à la ville de Sussion, nous rencontrâmes un vampire apparemment une femme, qui nous indiqua l'Est. Elle insistait, nous affirmait qu'elle s'appelait Mo et qu'il fallait aller à l'Est... Cela devenait bien trop étrange pour moi, j'observais les traces au sol, que nous suivions. Elles se dirigeaient vers le Nord... nous décidions bien sur de suivre les traces et de ne pas porter une trop grande attention a la jeune vampire, qui disparut aussitôt. Arrivés à Sussion, nous découvrîmes une ville calme, sans vie. La taverne seule était « vivante », comme chaque nuit qui passait...

J'entrais dans la taverne du village avec Julio, mais je ressortais aussitôt, estimant que les regards que l'on me lançait me laissaient une mauvaise impression. Julio parla avec trois lupins, et je ne sais comment il réussit… il obtint de bons renseignements. Le lupin que nous recherchions nous attendait dans l'hôtel de ville. Je sentais, dans ce bâtiment, bien trop de bêtes à mon goût… malgré ma mise en garde, Ben Jafar parti en reconnaissance par derrière, et revint très vite en nous affirmant que la voie était libre. Il fallait bien lui faire confiance. Nous le vîmes descendre un petit escalier puis remonter aussitôt et passer au premier étage. Julio, Ingwar et moi, par simple curiosité, descendîmes. Nous nous trouvions face à une énigme. N'écoutant que mon courage, je tentais une solution. Julio était déjà remonté. La porte se referma derrière lui de façon à ce qu'Ingwar et moi-même nous retrouvons seuls. Seuls, face à une araignée gigantesque ! Après un rude combat durant lequel je dus encore une fois aider un des miens à s'en sortir, nos deux compagnons revinrent. Je proposais pour l'énigme une autre solution, qui semblait maintenant leur convenir à tous. La porte s'ouvrit. Le lupin, le Baali et une sorte de lion nous attendions. Mon ami Julio se jeta sur la créature pendant que nous nous acharnions sur le Baali… que j'achevais assez facilement. Une fois le lupin mort, je recouperais l'amulette au sol.

Notre quête semblait être bel et bien achevée… Nous retournions vers Lippo, ou l'on nous accueillis a bras ouverts et récompensés généreusement.

A Paris, nous fûmes pourtant mal accueillis… Le prince m'ordonna de revenir à Lyon servir le duc. C'est à Lyon que je devrais servir, et j'y retrouvais Urraka, ma fidèle suivante, rebouteuse. Je trouvais aussi quatre autres Vampires qui m'étaient inconnus. Cela ne me paraissait guère de bon présage, j'allais encore devoir supporter la présence d'inconnus lors de ces quêtes que le comte voulait nous voir accomplir...

Ainsi fini ma première « aventure » en France, entourée de Vampire que je devrais apprendre à connaître et à comprendre…

 

 
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